Le pinceau du bonheur

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2 Fév 2016 0 Mômes du Monde

Interview de Jean-Philippe Agnese  – Propos recueillis par Mômes du Monde.

Réalisateur, écrivain, tu es ce que l’on appelle un artiste multi-casquettes, peux tu nous parler de tes activités créatives au quotidien ?

Bonjour,

Artiste me paraît être un tel « grand mot » au regard de ce que je fais … Mon quotidien tient plus de la recherche, du développement, de la production, afin de faire exister, puis nourrir des travaux de création, quand je parviens à les faire exister. Reste l’écriture qui, si elle n’est pas quotidienne, constitue là une activité créative plus ou moins régulière. Mais mon processus est très éclaté, en ce sens que je n’écris que lorsque j’ai quelque chose à écrire : à cet instant, c’est assez rapide, immédiat et surtout très intense, quasi physique, parce que cela survient après une certaine période de maturation où une partie de moi construit quelque chose à temps plein ; ça mijote, bouillonne, une quasi obsession dont en fait je ne m’occupe pas vraiment consciemment, jusqu’au moment où c’est là et qu’il faut que je l’écrive. Il n’y alors quasiment pas de ré-écriture.

Pour la réalisation c’est un peu différent, déjà parce qu’aujourd’hui c’est moins régulier. J’ai par le passé travaillé avec des équipes très complètes où la fonction tient aussi de celle de chef de chantier qui doit écouter chacun tout en ne suivant que son objectif : c’est très schizophrénique. Aujourd’hui, je fais dans le tournage très léger : j’y suis très instinctif, très intuitif, cherchant à faire se rencontrer « ma » vision que je veux communiquer et simplement capturer ce qui se déroule devant moi.

Reste que le plus gros de mes activités créatives quotidiennes, c’est d’être à temps plein avec mon fils et l’accompagner dans chacune de ses idées et de ses envies : lui transmettre que rien n’est impossible ; ce qui ne signifie pas que tout est facile. C’est un tourbillon permanent ! 

Quel est le contenu et les objectifs du programme Painting with Happiness dont tu es à l’origine ?

Painting With Happiness est un programme de création artistique à destination des enfants, que j’ai créé et qui a ensuite été accueillie dans la somptueuse fondation internationale Art in All of Us fondée par Anthony Asael.

Il s’agit d’un atelier de peinture itinérant, inspiré par une méthodologie imaginée par le pédagogue Arno Stern, et qui offre aux enfants un espace de création libre, dynamique, détaché de toute référence et de toute attente d’un résultat.
A l’issu des ateliers, un autre espace de création est proposé aux enfants qui le souhaitent : installés face à ma caméra, je leur propose une série de questions qui me semblent essentielles (Qu’est-ce qui les rend heureux ? Qu’est-ce qu’aimer ? Comment voient-ils demain ? Quel mot souhaitent-ils nous transmettre ? …)

L’idée fondatrice, c’est de faire valoir une conviction personnelle (!) : la richesse de l’ensemble provient de la multiplicité des individualités (et non pas des individualismes). A travers ces espaces qui leur sont dédiés, j’entends semer des graines, leur faire prendre conscience qu’ils sont ces graines et qu’ils ont tout en eux pour grandir harmonieusement, qu’ils pensent et s’expriment par eux-mêmes et découvrent qu’un autre individu – avec une autre culture, une autre éducation, une autre histoire – peut voir les choses comme lui tout en s’exprimant différemment.

J’ajoute que la peintre et pédagogue Agathe Cornet-Vernet est une essentielle comparse dans l’existence de cette aventure (et quelques autres précieux collaborateurs qui se reconnaîtront d’eux-mêmes).

Comment peut on vous aider dans cette belle démarche humaine et artistique ?

En en parlant comme nous le faisons-là, en participant à sa visibilité, en proposant des ponts, des contacts … C’est un programme qui peine à démarrer. Deux raisons principales aujourd’hui :

 – son coût : il est très élevé parce que depuis son lancement, je fais valoir que c’est un travail. Et m’est souvent renvoyé le fait qu’à partir du moment où cela ne créé pas de valeur marchande, ça doit être bénévole. J’essaye d’impliquer des entreprises dans son financement.

 – j’ai rencontré quelques responsables, élus, etc … : tous l’ont trouvé formidable et tous m’ont demandé de sortir des dossiers les mots « liberté », « autonomie », … , me posant que ces mots inquiètent parce que sous-tendant une éducation à la liberté de penser. Bref : ça ne fabrique pas des consommateurs.

Nous nous sommes rencontrés sur Paris, il y a maintenant quelques temps, où avais tu entendu parler de Mômes du Monde ?

Honnêtement … Je ne sais plus trop … Je me souviens avoir cherché des relais compréhensifs, partageant des valeurs similaires si ce n’est identiques. Mômes Du Monde est apparu très vite dans mon moteur de recherche et j’ai tout de suite aimé sa raison d’être. Prendre contact s’est immédiatement imposé.

Quels sont tes projets à venir et que peut on te souhaiter pour demain ?

De continuer à avoir l’énergie d’incarner les trois piliers de ce que la culture sino-japonaise regroupe sous l’idéogramme « Ren » : la bienveillance, la réciprocité et la droiture. « Vivre simplement afin que d’autres puissent simplement vivre. » (Gandhi)

Mon principal projet est de m’occuper de mon fils et de mon jardin, au sens propre comme élargit : cela passe aussi par quelques projets de documentaires, de livres et puis de travail avec la Terre. Continuer à apprendre et à transmettre.

Merci.

Merci Jean-Philippe d’avoir pris le temps de répondre à nos questions,  nous te souhaitons bonne route et de beaux moments en persepectives ! A bientôt

c’est EUX, c’est nous, c’est DEMAIN

Visitez le site Painting With Happiness et le Site du programme 

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